BlackRock se paie une opération de greenwashing grâce à Paris et Berlin

Amélie Canonne, Maxime Combes
, 24/01/2020 | Source : Basta !

Lors du forum économique de Davos, la France et l'Allemagne ont communiqué sur la création d'un fonds climat avec BlackRock. Un cadeau inespéré pour le plus gros gestionnaire d'actifs qui investit des milliards de dollars dans les énergies fossiles.
C'est depuis le Forum économique mondial de Davos, cette station de ski suisse que l'on rejoint en jet privé, que BlackRock, l'Agence française de développement (AFD) et le ministère allemand de l'Environnement, alliés à des fondations philanthropiques (...)

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Quand la France se rebelle : une cartographie des mouvements sociaux en cours

Collectif
, 24/01/2020 | Source : Basta !

L'ampleur de la contestation impressionne. Un collectif de géographes vient de cartographier les mouvements sociaux en cours : santé, éducation, justice, culture, transports, industrie ou énergie sont concernés. Une carte participative utile à celles et ceux, isolés, qui veulent s'impliquer. Nous relayons leur appel.
« Nous, Géographes de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche
ne nous résignons pas face à la casse du service public de l'enseignement et de la recherche, constante et organisée (...)

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Quand parents d'élèves et enseignants grévistes aspirent à « entretenir et généraliser la révolte »

Nolwenn Weiler
, 24/01/2020 | Source : Basta !

Face au mouvement contre la réforme des retraites, le gouvernement reste inflexible : le texte de loi sera bien présenté ce 24 janvier en conseil des ministres. Mais de nombreux citoyens sont décidés à poursuivre la lutte. A Rennes, les parents d'élèves ont décidé de soutenir les enseignants grévistes en occupant des écoles.
« Le mouvement ne s'essouffle pas. Il se renouvelle. » Parole d'enseignant, gréviste depuis plusieurs semaines. « Un exemple ? Les occupations d'écoles, collèges et lycées par les (...)

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Radar, la machine à cash

Ou comment l’État a dépensé à la légère des millions d’euros.

Nous diffusons notre premier documentaire d'investigation qui porte sur les les marchés publics qui ont présidé et président à la mise en place de la sanction automatisée en matière de sécurité routière.

Radar - La machine à cash - CC

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Près d'un an d'enquête, de tournages, de montage, voici enfin notre documentaire sur les marchés publics qui ont présidé et président à la mise en place de la sanction automatisée en matière de sécurité routière. Un système gigantesque et unique au monde.

Les radars automatiques ont rapporté 860 millions d’euros à l’État en 2018. Cette machine à PV, c’est l’histoire d’une privatisation. Car ce sont surtout des entreprises privées qui font tourner le système grâce à des marchés publics. « Nous avons décidé d’enquêter sur ce sujet parce que c’est inédit, raconte Stéphanie Fontaine, l’une des réalisatrices. Aucun documentaire ne raconte les dessous de ces contrats qui ont représenté en dix ans plus de deux milliards et demi d’euros. »

Avec le collectif Extra Muros nous avons enquêté pendant près d’un an. Nous sommes remontés aux origines du système automatisé des infractions remis au cœur de l’actualité par les Gilets Jaunes.

Nous avons pu interroger les principaux acteurs de l’époque. Des politiques comme Claude Guéant ou Gilles de Robien mais aussi des hauts-fonctionnaires et des cadres des entreprises privées concernées. « Ce qui nous a surpris, c’est l’opacité organisée par le ministère de l’Intérieur alors qu’il est toujours prompt à communiquer sur la sécurité routière, raconte Antoine Champagne, rédacteur en chef de Reflets.info. Dès que l’on sort de la...

Les petits arrangements de Thierry Breton avec la réalité judicaire

Omissions et déformations...

Comment se dépatouiller des informations pas très reluisantes sur les marchés publics contenus dans notre documentaire « Radar La machine à cash - Scandales et gros profits » ? Simple, en faisant croire que tout est faux et que la justice l'a d'ailleurs déjà établi. Evidemment, c'est une fable...

Thierry Breton lors de son audition devant le Parlement européen - © Reflets

A quoi reconnaît-on un homme politique de haute volée ? A sa capacité à asséner « ses » vérités sans ciller. Thierry Breton est de cette trempe. Mis en cause dans notre documentaire « Radar La machine à cash - Scandales et gros profits », Thierry Breton contre-attaque. Non pas avec des documents, des preuves, des chiffres, du factuel. Non, il contre-attaque en tentant désespérément de discréditer l'un des auteurs du documentaire, Stéphanie Fontaine. Et il n'est pas le seul, son conseiller en communication, Terence Zakka, est sur la même longueur d'onde.

Dans une ultime question un peu inattendue, lundi 20 janvier sur France Inter, Léa Salamé interroge Thierry Breton : « Anticor vous soupçonne de favoritisme, vous qui voulez être radical sur ces questions-là, vous répondez quoi ce matin ? ». Et le nouveau commissaire européen de répondre : « J’ai du reste porté plainte en diffamation contre LA journaliste qui a diffusé cette fausse information et j’ai gagné à deux reprises, et de façon définitive. ». Ah bon ? L'association Anticor n'a pas déposé plainte ?

De fait, la première plainte d'Anticor sur le sujet remonte à 2015. L'avocat de l'association anticorruption, Jérôme Karsenti y explique que le groupe de services informatiques Atos a été bénéficiaire depuis 2003, au Centre national de traitement de Rennes, où sont traités tous les PV dressés en France, de « quatre marchés publics importants susceptibles de constituer des délits de...

« Je voyais son avant-bras écraser le larynx de mon fils. J'ai aussitôt pensé à la mort de Cédric Chouviat »

Eric L.
, 23/01/2020 | Source : Basta !

A l'issue de la manifestation du 11 janvier à Amiens, Jules, 21 ans, a passé quasiment deux jours en garde à vue pour... « rébellion ». Convoqué en juin prochain au tribunal, il n'a pas le droit de manifester d'ici là. Voici le récit de son père.
« On est là ! On est là ! Même si Macron ne veut pas nous on est là. Pour l'honneur des travailleurs et pour un monde meilleur, même si Macron ne veut pas nous on est là. » La clameur enfle, monte, et éclate contre les murs du Palais de Justice d'Amiens. Jules (...)

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Christoph Blocher, le grand mécène de la droite nationaliste suisse

Anna Jikhareva
, 23/01/2020 | Source : Basta !

En Suisse, le milliardaire venue de la chimie a fait en quelques années du parti de droite extrême UDC la force politique la plus puissante du pays, tout en achetant des médias. Les plus riches concentrent toujours plus de richesses entre leurs mains tandis que les inégalités s'accroissent. Au moment où les dirigeants de grandes entreprises et ceux des États se rencontrent au Forum économique mondial de Davos, Basta ! regarde ce qui se cache derrière les légendes dorées des milliardaires (...)

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Pourquoi les retraites m’évoquent indéniablement les débats sur le revenu de base ?

Nicole Teke
, 22/01/2020 | Source : Mouvement Français pour un Revenu de Base

Depuis plus d’un an de tensions sociales cristallisées par le mouvement des gilets jaunes, la mobilisation a pris un nouveau tournant le 5 décembre 2019, face au projet de réforme des retraites du gouvernement. Parce qu’il est important de défendre les conquêtes sociales sans oublier de garder un cap vers des horizons souhaitables, le revenu de base peut être un bon outil d’analyse.

Inspirée du rapport Delevoye, cette réforme vise à remplacer l’actuel système de retraites à la faveur d’une répartition par points, prévoyant de calculer le montant des pensions, non plus sur les 25 meilleures années d’une carrière professionnelle, mais sur l’ensemble de la carrière. Il s’agira donc de prendre aussi en compte les années les plus précaires, les périodes de chômage ou encore les congés maternité et paternité. En l’état actuel de l’avant-projet de loi (notamment d’après la valeur du point et ce qu’il adviendra de l’âge pivot, entre autres critères), il est fort probable que l’on aboutisse à un abaissement global du montant des pensions et à la nécessité de travailler plus longtemps pour espérer toucher une retraite décente. Pour éviter cette logique, plusieurs personnes se tourneront probablement vers les complémentaires privées et gestionnaires d’actifs, grands gagnants de la réforme[1].

Il s’agit d’une atteinte en règle à la solidarité intergénérationnelle et à notre système de protection sociale, dans une logique toujours plus individualiste. Une façon de délester la société et l’Etat de leurs responsabilités sociales dans la plus grande tradition néolibérale, pour charger directement les individus lesquels se trouvent de plus en plus seuls face aux aléas de la vie et de la conjoncture économique. Le tout, dans un contexte de violences policières indéniables[2].

Construire ou déconstruire la protection sociale du XXIème siècle ?

Beaucoup d’encre a coulé pour décrire les risques de cette réforme[3]. Sans vouloir redire ce qui a déjà été dit sur ce sujet, je souhaite apporter une analyse sous le prisme des réflexions liées au revenu de base, car de nombreux points m’interpellent (et c’est un euphémisme) dans les débats actuels, tant sur la forme que sur le fond.

Lors de la conférence de présentation de la réforme des retraites, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé, le 11 décembre 2019 : « Nous devons construire la protection sociale du XXIe siècle »[4]. Cette déclaration sonne creux lorsque l’on voit la destruction en règle des conquêtes sociales non seulement dans le contexte de cette réforme des retraites, mais également par la dernière réforme de l’assurance chômage (par décret, donc sans passer par le Parlement), la baisse des APL, la réforme de l’ISF. Sans parler du projet de « revenu universel d’activité », en cours d’élaboration. Elle sonne d’autant plus creux que les partisan·ne·s du revenu de base défendent depuis longtemps l’idée du revenu de base comme un outil (parmi d’autres) pour construire – et renforcer – la protection sociale du XXIème siècle. Un outil qui se trouve à l’opposé des réformes actuelles.

 

Mais il s’agit certainement d’une malheureuse coïncidence. D’autant plus malheureuse que cette impression de réappropriation lexicale nous avait aussi frappé en 2017, lors de l’annonce d’Emmanuel Macron de son plan de lutte contre la pauvreté, qui intègrerait un projet de « revenu universel … d’activité » (RUA). Un projet en cours d’élaboration, qui n’a jusqu’à présent d’universel que le nom, puisqu’il prévoit avant tout de renforcer le conditionnement aux aides sociales – qui, insistons sur ce point, sont encore loin d’être inconditionnelles – à la recherche d’emploi, dans une logique, une nouvelle fois, de contrôle et de sanction des personnes au chômage[5]. Au passage, il est envisagé d’intégrer dans ce dispositif certaines allocations qui ne sont absolument pas liées à une logique de réinsertion dans l’emploi, telles que l’Allocation Adultes Handicapés ou les APL.

L’universalité vidée de son sens … au profit d’un universalisme dangereux

Le gouvernement insiste sur une volonté de mettre en place un système « universel » des retraites, pour mettre fin aux « privilèges » de certaines professions, à beaucoup d’exceptions près[6]. Cette universalité à plusieurs vitesses laisse pour le moins perplexe quant au sens des mots. Or, c’est une notion qui a historiquement connu de nombreuses controverses.

A titre d’illustration, le féminisme dit universaliste a souvent été accusé d’adopter une vision lissée de la cause des femmes[7], laissant entendre que toutes les femmes auraient les mêmes revendications globales, oubliant parfois que certaines d’entre elles subissent des formes d’oppression cumulatives, comme le racisme ou les discriminations de classes sociales. Ce déni d’individualité au nom de l’universalisme peut s’avérer dangereux en matière de cohésion sociale et de compréhension mutuelle.

Le revenu universel ne s’inscrit pas dans cette logique. Il vise à s’assurer que personne ne soit laissé sur le bas-côté, sans nier les individualités plurielles. C’est la raison pour laquelle il est important de concilier dans son application, une égalité du revenu, qui puisse constituer un socle sous lequel personne ne pourrait tomber, mais également une équité par l’impôt, pour s’assurer que chacun·e contribue à son financement selon ses moyens.

L’argument du manque de moyens

L’argent manque, il faudra donc faire des sacrifices. Ça a été dit et redit dans le contexte de la réforme : l’équilibre financier devra primer sur le niveau de vie. Pour autant, si sacrifice il doit y avoir, ce sera du côté des classes moyennes et populaires qu’il devra se faire, celles qui dépendront de leur retraite pour pouvoir vivre dignement.

Tout comme le revenu de base est souvent balayé du revers de la main par certains détracteurs sous prétexte qu’il serait infinançable, il conviendrait toutefois de poser la question de la répartition des richesses. Car, si les caisses de l’Etat sont prétendument vides, il a déjà été formellement exclu d’augmenter les cotisations patronales. N’imaginons même pas rétablir l’ISF, mettre en place une véritable taxe sur les transactions financières ou une politique de lutte contre l’évasion fiscale.

Le pacte social, qui constitue pourtant l’essence même de notre démocratie est aujourd’hui ébranlé. L’historien E.P Thompson avait décrit ce phénomène d’après le concept de “l’économie morale” : si les citoyen·ne·s acceptent d’être gouverné·e·s, c’est en échange d’une protection de leurs droits, en particulier du droit à une vie digne. Car l’économie réelle doit aussi prendre en compte des principes moraux : qu’y a‑t-il de plus important pour un Etat que de s’assurer que ses citoyen·ne·s bénéficient des conditions nécessaires pour vivre décemment ? Qu’ils et elles puissent se loger, se nourrir, s’éduquer, se soigner ? Loin d’être un vœu pieux et naïf, ce sont pourtant les premières questions qu’il conviendrait de se poser. Il est temps de revenir aux besoins primordiaux.

La pénibilité au travail mise en lumière

« Un homme que la faim oblige de vendre son travail et, avec son travail, sa personne au plus bas prix possible au capitaliste qui daigne l’exploiter, un homme que sa propre brutalité et son ignorance livrent à la merci de ses savants exploiteurs sera nécessairement et toujours esclave » (Mikhaïl Bakounine, 1871)

Les débats sur les retraites auront au moins eu l’avantage de rappeler les trop nombreuses situations de pénibilité et de souffrance au travail. Des aides-soignant·e·s aux enseignant·e·s, des agent·e·s de nettoyage, des étudiant·e·s, des avocat·e·s, des éboueurs·ses, des livreurs·ses, des artistes… les témoignages fusent sur les réseaux.

L’épuisement professionnel, les burnouts, la perte de sens au travail et les trop faibles rémunérations, sont des réalités qui ne doivent pas être minimisées aujourd’hui, car elles touchent à tous les secteurs professionnels[8]. Les femmes constituent par ailleurs la plus grande part des emplois précaires (temps-partiels subis, contrats courts, sans parler des inégalités de salaires). Les débats sur les retraites ont remis au goût du jour l’expression « perdre sa vie à la gagner ». Le sentiment d’exploitation et de manque d’alternatives possibles à un emploi renforcent les relations de subordination employeur-employé, les effets de domination, dans un rapport de force inégal. La souffrance au travail est un problème social majeur qui doit être pris à bras le corps. A contrario, le secrétaire d’État en charge du dossier des retraites, Laurent Pietraszewski, a déjà supprimé quatre critères de pénibilité[9] prétextant favoriser les reconversions professionnelles : « Moi je préfère qu’on regarde comment aider une personne à faire autre chose plutôt que de la laisser dans un métier pénible ». Supprimons donc les postes d’urgentistes et d’éboueurs !

Travailler vieux et/ou vivre dans la précarité ?

Si l’on veut pouvoir mériter sa retraite, il va falloir travailler. Beaucoup. Peu importent les conditions d’emploi, les coups durs rencontrés en chemin. C’est ce qui est dit en filigrane par les membres du gouvernement. N’oublions pas qu’il suffit de traverser la rue. Car il n’y a rien de pire que le « fléau de l’assistanat ».

Pourtant, 5,6 millions de personnes sont actuellement au chômage total ou partiel, tandis qu’il n’existe que 524 000 offres d’emplois à pourvoir[10]. Il serait donc non seulement possible de travailler moins pour mieux répartir les emplois disponibles, mais surtout, pourquoi ne pas permettre un départ à la retraite plus tôt pour faciliter l’intégration professionnelle des plus jeunes ? Cette solidarité générationnelle est d’autant plus en jeu que même la Cour des Comptes a alerté sur le chômage croissant des seniors, pointant un « risque croissant de trappe à pauvreté chez les plus de 60 ans exclus du marché du travail »[11]. A titre d’exemple, « le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a été multiplié par trois pour atteindre plus de 916.000 personnes chez Pôle emploi en 2019 »[12]. La sécurité économique fournie par un revenu de base permettrait d’enclencher une réduction du temps de travail pour mieux le répartir.

Il faut protéger l’héritage que nous a laissé le Conseil National de la Résistance en 1945 : « La sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu’en toutes circonstances, il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes. Trouvant sa justification dans un souci élémentaire de justice sociale, elle répond à la volonté de débarrasser nos concitoyens de l’incertitude du lendemain[13] ».

L’heure devrait être à la construction d’imaginaires souhaitables. Mais il semble que nous soyons davantage amenés à défendre ces conquêtes sociales historiques pour empêcher une régression majeure, qui impacterait en premier lieu les couches les plus précaires de la population.

Nous avons néanmoins besoin d’utopies pour construire la société de demain, tout comme nous avons besoin de défendre ce qui peut encore l’être. Les débats sur les retraites, tout comme ceux sur le revenu de base, sont de bons moyens pour s’approprier les enjeux de la vie publique. En cela, ils constituent de formidables instruments de démocratie sociale. Ne laissons pas leurs clés aux seules mains de quelques dirigeants. C’est la raison pour laquelle il est important que nous soyons nombreux·ses dans les rues, en grève lorsque c’est possible, en soutien aux grévistes sinon par la contribution aux caisses de grève (un revenu de base serait par ailleurs un bon moyen de renforcer le droit de grève).

En tant que citoyen·ne·s, en tant que militant·e·s pour une société plus juste. Œuvrons pour l’application réelle et concrète des valeurs de liberté, d’égalité, et de solidarité.

[1] https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/retraites-3-questions-sur-blackrock-entreprise-jugee-grande-gagnante-de-la-reforme-7799885546

[2] https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/11/les-violences-policieres-sont-le-reflet-d-un-echec_6025530_3232.html

[3] Voir les travaux officiels du Conseil d’orientation des retraites : https://www.cor-retraites.fr/  ceux du collectif Nos Retraites : https://reformedesretraites.fr/ ou de façon plus pédagogique les BD toujours très claires et solidement étayées d’Emma : https://emmaclit.com/2019/09/23/cest-quand-quon-arrete/

[4] https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/edouard-philippe-nous-devons-construire-la-protection-sociale-du-21e-siecle-en-prenant-mieux-en-compte-les-nouveaux-visages-de-la-precarite-1208070.html

[5] https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/200619/revenu-universel-d-activite-attention-danger

[6] http://www.leparisien.fr/economie/retraites-un-regime-universel-et-de-multiples-concessions-04–01-2020–8228982.php

[7] http://www.slate.fr/story/185624/reforme-des-retraites-egalite-universalisme-equite-penibilite-inegalites

[8] https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/01/09/la-souffrance-au-travail-ce-fleau_5406769_3234.html

[9] https://www.huffingtonpost.fr/entry/retraites-pietraszewski-ferme-deja-la-porte-aux-4-criteres-de-penibilite-voulus-par-la-cfdt_fr_5e01dd0ae4b0843d3600fe6e

[10]  https://fr.statista.com/statistiques/504969/nombre-offres-pole-emploi-france/

[11] https://www.challenges.fr/emploi/le-cri-d-alarme-de-la-cour-des-comptes-sur-le-chomage-des-seniors_679099?fbclid=IwAR0IVs9wJ1so2R9KMWVC-NAt4ysdHKTO51LQ3IAvZO22iJOMk1vlX7UpSfE

[12]  Idem

[13] Exposé des motifs de l’ordonnance du 4 octobre 1945 issu des textes fondateurs de la sécurité sociale.

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Coup d’État sur la « loi haine »

arthur
, 22/01/2020 | Source : La Quadrature du Net

La loi « contre la haine » s’est transformée en loi sécuritaire au nom de la lutte « anti-terroriste ». Ce bouleversement a été acté hier à 22h30, par un amendement de dernière minute proposé par le gouvernement et adopté par les députés serviles de l’Assemblée nationale. Ce coup de force du gouvernement, imposé in extremis, est une nouvelle démonstration d’anti-parlementarisme. L’honneur des députés exige qu’ils rejettent la loi dans son ensemble.

Alors que la loi exigeait initialement de retirer les contenus illicites en 24 heures, elle impose désormais aux plateformes de retirer en une heure les contenus que la police lui signalera comme relevant du terrorisme ou d’abus sur mineurs. La police décidera seule des contenus relevant du terrorisme – sans le contrôle d’un juge. On l’a déjà vu abuser illégalement de ce pouvoir pour qualifier des propos militants de « terroristes » afin de les faire censurer – la justice avait alors attendu plus d’une année pour dénoncer ces abus de la police.

De plus, alors que la loi ne concernait initialement que les plateformes ayant plusieurs millions de visiteurs par mois (Facebook, Twitter, Youtube…), les nouvelles mesures « anti-terroristes » visent désormais n’importe quelle plateforme, de toute taille. Il pourra s’agir du forum de n’importe quel site de presse, d’une plateforme militante, d’un petit hébergeur associatif ou de tout nœud d’un réseau social décentralisé tel que Mastodon ou PeerTube.

Le délai d’une heure est matériellement impossible à respecter pour la grande majorité des plateformes Web (typiquement pour les signalements qui leur seraient faits de nuit). Ces plateformes n’auront d’autres choix que de fermer boutique ou de déléguer leur modération aux outils de censure automatisée fournis par Google et Facebook. Dans tous les cas, les grands vainqueurs seront ces deux dernières entreprises, dont la concurrence sera anéantie ou mise sous leur joug.

Enfin, alors que la loi initiale ne prévoyait que des sanctions financières, les nouvelles mesures prévoient des sanctions concrètes, drastiques. Si une plateforme ne censure pas un contenu dans l’heure qui suit sa notification par la police, la police pourra exiger que les fournisseurs d’accès à Internet empêchent l’accès à cette plateforme depuis la France.

Une concentration totale des pouvoirs

La concentration des pouvoirs dans les mains de la police est totale : c’est à la fois elle qui décide quelles plateformes attaquer, qui qualifie un contenu comme étant illégal et qui met en œuvre sa sanction. L’ensemble du Web français est à sa merci.

Si la police était mal intentionnée, il lui suffirait de publier anonymement et au milieu de la nuit des messages « terroristes » sur les plateformes de son choix pour les faire censurer (car presque aucune plateforme ne peut avoir des modérateurs réveillés toute la nuit pour répondre dans l’heure à la police). Rien dans la loi n’empêche de tels abus.

Notons que cette situation n’est pas entièrement nouvelle : c’est la loi anti-terroriste de 2014 qui avait créé ce dispositif de censure policière. À l’époque toutefois, le délai pour répondre à la police était de 24 heures. Il passe aujourd’hui à 1 heure, démultipliant les risques d’abus.

Un coup de force anti-parlementaire

Le Parlement n’a jamais eu l’occasion de débattre des dangers de ce nouveau délai d’une heure imposé à l’ensemble du Web. Le Parlement n’a même pas eu l’occasion d’en prendre connaissance. Pendant des mois de débats sur la proposition de loi « contre la haine », le Parlement n’a parlé que de sujets bien éloignés du terrorisme. Ce n’est qu’au dernier moment, en séance publique lors de la 2ème lecture à l’Assemblée nationale, et alors que le sujet n’avait pas été abordé en commission des lois, que le gouvernement est parvenu à lui imposer ces changements, par surprise et par ignorance. Il aurait pourtant fallu en débattre pendant des mois, en auditionnant des dizaines d’acteurs, pour prétendre respecter nos principes démocratiques.

La situation a tout pour rappeler un autre dossier : le règlement européen contre les contenus terroristes, qui prévoit lui aussi un délai de retrait en une heure. L’an dernier, la Commission européenne et les États membres avaient exercé une terrible pression sur le Parlement européen pour qu’il adopte en première lecture un texte en urgence avant les élections européennes (voir notre page de campagne). Tout avait été fait pour empêcher un véritable débat, mais il avait pu au moins durer quelques semaines – permettant notamment de limiter la censure policière par l’autorisation préalable d’un juge ou d’une autorité indépendante (et la loi française serait ici contraire à la position du Parlement européen).

Hier, le débat n’a même pas eu lieu.

Le gouvernement semble s’être lassé de la comédie démocratique. L’avis des parlementaires n’a plus aucune conséquence sur le processus législatif : à quoi bon leur permettre de s’en faire un ? Autant gagner du temps et leur demander de tout signer à la dernière minute et sans leur expliquer.

Si les députés ont encore un semblant de respect pour leurs fonctions démocratiques, ils doivent s’opposer à cette proposition de loi. Au moins du fait que le gouvernement a entièrement nié et insulté celles-ci hier. Et du fait, aussi, que le gouvernement a manipulé diverses volontés et associations luttant contre la haine afin de dévoyer au final la loi vers ses objectifs purement sécuritaires.

Formellement, l’Assemblée nationale doit encore décider d’adopter ou non cette proposition de loi dans son ensemble aujourd’hui. Tout député qui ne votera pas contre cette loi actera que le gouvernement l’a démis de ses fonctions.

CFDT soulève toi !

De renoncements en abandons, ainsi vogue le syndicat

La base suivra-t-elle Laurent Berger ? De renoncement en empapaoutages du gouvernement, le patron de la CFDT se coupe-t-il des salariés ?

CFDT

La CFDT a imprimé un tract: «La CFDT a obtenu le retrait de l’âge pivot. Victoire!» Mais cette victoire est une humiliation. Le retrait de l’âge pivot est «provisoire» selon les mots mêmes du Premier ministre. Car le principe d’une réforme à but financier est acté. Une conférence sur le financement du système de retraite s’ouvrira fin janvier. Le Premier ministre a assorti sa «concession» d'une obligation de résultat pour les partenaires sociaux, faute de quoi l'âge pivot serait réintroduit et mis en place.

Dans sa lettre de mission, le Premier ministre indique que les moyens choisis ne pourront aboutir ni à une baisse des pensions, ni à une hausse du coût du travail. La CFDT devra donc aller à la négociation le couteau sous la gorge. La CFDT n’a rien obtenu. Il est écrit que la CFDT boira le calice jusqu'à la lie. Comme l’a écrit écrit une personne sur les réseaux sociaux jamais avares de méchanceté ou de lucidité, au choix, «Le jour où Macron réintroduira l’esclavage, Laurent Berger négociera le poids des chaînes ».

Dans une interview accordée à Reflets, Laurent Berger revendiquait pourtant une posture intéressante: «Nous avons toujours pensé que nous avions le droit d’intervenir sur d’autres sujets que ceux du travail, par exemple comme dans la tribune sur le Pacte du pouvoir vivre ou dans celle sur les migrants.» Le problème est que ce n’est qu’une posture.

Un cadre de la CFDT confiait en off il y a quelques jour: «La véritable question est: peut-on faire...