« Le poutinisme vise à la destruction systématique de tout ordre »

Nicolas Tenzer, spécialiste de la Russie, tente de décrypter l'idéologie du leader russe.

Que cherche Vladimir Poutine ? Alors que l'armée russe masse des troupes à la frontière ukrainienne, c'est à cette question complexe que tente de répondre le président du Centre d’étude et de réflexion pour l’action politique et éditeur de la publication "Desk Russie". Selon lui, la recherche permanente de l’instabilité voulue par le chef du Kremlin révèle sa véritable idéologie : un nihilisme.

Nicolas Tenzer, président du Centre d’étude et de réflexion pour l’action politique - D.R. - C.C

Les bruits de bottes s'amplifient entre la Russie et l'Ukraine. Cette dernière a été victime ces derniers jour d'une attaque informatique possible. Une guerre entre les deux pays est-elle possible ?

Nicolas Tenzer : Il y a quelque mois, j'aurais dit que Poutine montrait simplement ses muscles pour obtenir des concessions, que c'était du bluff. Mais aujourd'hui, je n'en suis plus certain... Il n’existe pas que de la rationalité dans l’attitude de Poutine, ce qu’une analyse de son idéologie peut contribuer à montrer.

Que cherche Vladimir Poutine ?

Assez curieusement, il existe peu de travaux en profondeur sur ce que veut Vladimir Poutine, autrement dit ses buts ultimes. Plus précisément, beaucoup en restent à l’écume des choses ou aux manifestations momentanées de cette présumée volonté. Il sera aisé, en effet, d’établir que le régime russe entend sinon reconquérir, du moins dominer l’Ukraine, en l’empêchant si possible d’être un régime démocratique et libre, en tout cas en la neutralisant.

Il en va ainsi aussi du Bélarus et de la Géorgie ainsi que du Caucase où il contrôle de fait l’Arménie et a pris pied en Azerbaïdjan, et bien sûr du Kazakhstan. On pourra aussi considérer qu’il entend déstabiliser l’Afrique, affaiblir les démocraties occidentales et l’Union européenne et pousser autant que possible l’ensemble des mouvements opposés au libéralisme politique. Enfin, il entend corroder et, finalement, mettre à bas les règles de droit international...

Les drones policiers autorisés par le Conseil constitutionnel

arthur
, 21/01/2022 | Source : La Quadrature du Net

Le Conseil constitutionnel vient de rendre sa décision sur la loi « responsabilité pénale et sécurité intérieure ». Ce texte, adopté le 18 novembre 2021 par le Parlement, prévoyait notamment de ré-autoriser les drones policiers. Si les drones avaient été interdits à quatre reprises depuis 2020 (deux fois par le Conseil d’État, une fois par la CNIL et une fois par le Conseil constitutionnel), l’entêtement du gouvernement a porté ses fruits. Après deux années d’illégalité, les drones vont ré-occuper le ciel et restaurer la surveillance de masse.

Cette mauvaise nouvelle ne vient pas seule : le Conseil constitutionnel valide aussi les caméras embarquées sur les véhicules de police (hélicoptères, voitures…) ainsi que la vidéosurveillance des cellules de garde-à-vue. À côté, le Conseil ne prend même pas la peine d’examiner les nombreuses autres dispositions de cette loi qui s’en prennent à d’autres libertés fondamentales (amendes forfaitaires, prise d’empreintes forcée, répression des mineurs isolés, modification du régime d’irresponsabilité pénale – voir notre analyse commune avec le SAF, le SM et la LDH).

Autorisation des drones

Le Conseil constitutionnel autorise la police et la gendarmerie nationale à utiliser les drones tant pour des fins administratives que pour les enquêtes judiciaires. Par exemple, les caméras sur drones pourront être déployées au cours de manifestations et rassemblements jugés comme « susceptibles d’entraîner des troubles graves à l’ordre public », aux abords de lieux ou bâtiments « particulièrement exposés à des risques de commission de certaines infractions » ou encore dans les transports ou aux frontières.

Le Conseil constitutionnel ne trouve rien à redire sur la disproportion et l’imprécision de ces larges finalités. De même, il valide le fait que ces nouvelles mesures soient simplement autorisées par un préfet (et non un juge) qui estimera seul si ces technologies de surveillance sont nécessaires et proportionnées. En somme, la police autorisera la police à utiliser des drones selon sa propre appréciation de la nécessité de surveiller…

Tout au plus, le Conseil constitutionnel apporte quelques réserves sur la possibilité pour la police d’utiliser ces nouvelles caméras à des fins de reconnaissance faciale, mais ces limites paraissent bien dérisoires par rapport à l’utilisation déjà massivement illégale que la police en fait aujourd’hui.

Seule l’expérimentation de drones par la police municipale est censurée, freinant les fantasmes sécuritaires des maires, sans pour autant qu’une interdiction de principe ne soit clairement formulée. Le Conseil constitutionnel offre au gouvernement la possibilité de revenir avec un nouveau texte corrigeant le tir, comme il l’a fait avec cette nouvelle loi, huit mois après la censure de la loi sécurité globale.

Contrôle a posteriori

Comme on l’a vu, pour la police nationale et la gendarmerie, le Conseil constitutionnel permet aux préfets d’autoriser les drones de surveillance mais, pour la suite, le Conseil se défausse en renvoyant aux juridictions administratives le soin de contrôler au cas par cas et après coup la légalité de ces autorisations. Lorsqu’il sera saisi d’une telle affaire, le juge devra notamment vérifier si les drones étaient bien nécessaires à l’objectif poursuivi (par exemple, ne pouvait-on pas assurer autrement la sécurité d’une manifestation ?) et si le public en a été correctement informé.

Les limites de ce garde-fou sont évidentes : il faudra saisir le tribunal administratif d’un recours, et le juge saisi ne pourra évaluer l’utilisation des dispositifs de surveillance qu’a posteriori, c’est-à-dire une fois que les utilisations abusives et non nécessaires auront été autorisées par le préfet et que les atteintes à la vie privée auront été commises.

À l’inverse, nous demandions au Conseil de réaliser ce contrôle en amont et une fois pour toute : reconnaître que, de façon systématique, la nécessité des drones n’est pas démontrée et que le gouvernement ne peut qu’échouer à informer le public de leur présence. Nos demandes ont été rejetées. En renvoyant au juge le contrôle de la légalité de ces dispositifs de surveillance, le Conseil constitutionnel se défausse de son rôle de gardien des libertés et refuse de confronter les dangers propres à ces technologies, qui auraient dû le conduire à les interdire durablement.

La suite de la lutte

Depuis 2020, nous avons tenté de faire interdire les drones de façon générale : ils posent des problèmes de principe impossibles à corriger au cas par cas. Après quatre tentatives, cette stratégie avait fonctionné et les drones avaient été interdits partout en France (nous récapitulions ici les étapes de cette lutte).

Aujourd’hui, c’est cette lutte nationale qui a été perdue. Il faudra donc revenir au niveau local pour documenter et contester devant les tribunaux la nécessité et l’information de chaque drone. Inutile de se le cacher, cette lutte demandera une énergie considérable et une attention constante. La seule action de La Quadrature ne sera clairement pas suffisante. La multiplication d’initiatives locales apparaît indispensable. Nous y prendrons part à vos côtés, en organisant des espaces de coopération où échanger nos informations, nos argumentaires et nos stratégies. Plus que jamais, contre les drones policiers et leur monde, rejoignez la lutte contre la Technopolice.

Inquiétude à propos du variant Omicron BA 2

L'épidémiologiste Antoine Flahault décrypte les dernières évolutions de la pandémie.

L'envolée des cas de Covid au Danemark est dû à un nouveau variant Omicron encore plus contagieux. Le conseiller scientifique du directeur de l'OMS pour l'Europe invite la France à rechercher ce virus qui pourrait expliquer la flambée constatée dans notre pays. Il revient aussi sur la politique de test et de vaccination.

Covid 19 - © Reflets

Boris Johnson, le premier ministre britannique, a annoncé la fin à compter du jeudi 27 janvier, de l’essentiel des restrictions imposées pour lutter contre le variant Omicron en Angleterre. Le port du masque ne sera plus obligatoire, le télétravail ne sera plus recommandé officiellement et un passe sanitaire ne sera plus imposé. Comment jugez-vous l'annonce de ces mesures ?

Antoine Flahault : Le Royaume-Uni accompagne la décrue épidémique actuelle qui est rapide. Le R actuel est de 0,7 (c'est-à-dire qu'une personne contamine 0,7 autre, NDLR). Croire que l'immunité collective permettra d'empêcher toute nouvelle vague de revenir serait présomptueux, mais libérer les restrictions lors des accalmies peut être une preuve d'agilité et d'adaptation à une crise qui s'étire en longueur. Mais les décideurs et la population doivent être clairement informés qu'ils auront à rétablir rapidement ces restrictions en cas de détérioration de la situation, ce qui peut survenir à tout moment. Ces choix, c'est le problème des politiques.

A l'inverse, en France, le passe vaccinal doit être instauré très prochainement. A-t-il encore un intérêt ?

Ce n'est pas aux scientifiques de décider de la mise en œuvre d'une recommandation qu'ils font. Ce qui est certain, c'est qu'il faut le plus de gens vaccinés possibles. Le partage des rôles entre scientifiques et politiques est utile : les premiers essaient d'éclairer la décision...

« Que met-on sur les vignes dans le Bordelais ? » : la question à 125 000 euros que Valérie Murat a osé poser

Nolwenn Weiler
, 20/01/2022 | Source : Basta !

Alors qu'une loi sur la protection des lanceurs d'alerte doit être discutée au Sénat, Valérie Murat, qui milite pour l'abolition des pesticides dans le Bordelais et ailleurs, fait le point sur la résistance qu'elle doit opposer au puissant lobby du vin.
Son père vigneron est mort au travail d'avoir trop utilisé de pesticides. Il a été emporté par un cancer bronchopulmonaire en 2012. Le caractère professionnel de sa maladie a été reconnu : pendant 42 ans, il avait traité ses vignes avec de l'arsénite de (...)

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Une nouvelle plainte pour « torture et actes de barbarie » contre le chef d'Interpol

Elle est déposée alors que le général émirati Al-Raisi se trouve actuellement sur le sol français.

Le président d’Interpol est accusé par l'ONG Gulf Centre for Human rights (GCHR) d'être complice des tortures que subit l'opposant émirati emprisonné Ahmed Mansoor. William Bourdon, l'avocat de l'association de défense des droits de l'Homme, demande l'arrestation immédiate du général Al-Raisi par la France.

Le général Ahmed Naser Al-Raisi, nouveau patron d'Interpol - Ipixelpro - CC BY-SA 4.0

Une nouvelle plainte pour « torture » et « actes de barbarie » a été déposée mardi à Paris au pôle crimes contre l'humanité du parquet antiterroriste (PNAT) contre Ahmed Nasser Al-Raisi, le nouveau président d'Interpol, élu le 25 novembre 2021.

Selon Me William Bourdon qui est à l'origine de cette plainte pour le compte de l'ONG de défense des droits de l'Homme Gulf Centre for Human rights (GCHR), le général Al-Raisi se trouverait actuellement en France. « Nous avons constaté que le Secrétaire général d'Interpol, Jürgen Stock avait twitté qu'il accueillait le nouveau président pour sa première visite au siège de l'organisation à Lyon, donc j'ai immédiatement déposé la plainte, raconte l'avocat joint par Reflets. Les services de la procureure la République du pôle Crime contre l'humanité, m'ont assuré qu'ils procédaient à un examen de la plainte sans délai._ » Pour de tels faits, le PNAT peut de saisir de l'affaire sur la base de la compétence universelle.

Le général Al-Raisi, président d'Interpol, et son secrétaire général, Jürgen Stock, dans les locaux de l'organisation à Lyon, le 17 janvier 2022
Le général Al-Raisi, président d'Interpol, et son secrétaire général, Jürgen Stock, dans les locaux de l'organisation à Lyon, le 17 janvier 2022

Le patron d'Interpol avait déjà été visé par deux plaintes mais celles-ci avaient été classées par le Parquet pour absence de compétence, car l'Emirati ne résidait pas en France et ne se trouvait pas non plus sur le sol français. « Cette visite en France relance l'affaire et j'estime que la France...

Malgré l'opposition de la Préfecture, les syndicats de l'éducation maintiennent la manifestation du 20 janvier

Emma Bougerol
, 19/01/2022 | Source : Basta !

Ce jeudi, les principaux syndicats de l'éducation appellent à se mobiliser de nouveau. La préfecture de police de Paris a indiqué aux syndicats son refus d'autoriser la manifestation dans la capitale, ce qui ne signifie pas son interdiction.
Ce 18 janvier, la CGT annonce par communiqué le « refus d'autoriser » la manifestation prévue deux jours plus tard, le jeudi 20, pour protester contre la situation « intenable » dans l'Éducation nationale. La journée d'action fait suite à celle du 13 janvier. Les (...)

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Vidéo de l’inauguration de la librairie Utopia

utopia
, 19/01/2022 | Source : mouvement utopia

Nous vous invitons à visionner la vidéo réalisée le 2 décembre 2021 lors de l’inauguration de la librairie Utopia à Paris, 1 rue Frédéric Sauton

Inauguration de la librairie Utopia – YouTube

 Nous remercions les 200 personnes présentes et particulièrement Bertrand Delanoë , les adjointes et adjoints de la Mairie de Paris Olivia Polski , Dan Lert , Marie-Christine Lemardeley , la maire du 5ème arrondissement Florence Berthout , Marine Rosset , Sylvain Raifaud , la directrice générale de la SEMAEST Emmanuelle Boss , le directeur de Sciences Po Mathias Vicherat ainsi que notre amie et universitaire Dominique Méda , les associations présentes ( Emmaüs International , CCFD-TerreSolidaires ,Les Convivialistes Christophe Fourel , EcoRev , la Fondation Léopold Meyer , Mathieu Calame et Nicolas Krausz , Association mégawatt et Thierry Salomon , Attac France , Alterlibris ), les auteurs et notamment Patrick Viveret , Cyrille Cormier , Guy Valette , Alain Coulombel

Nous remercions également pour leurs soutiens, Mouna Aoun de KissKissBankBank , Alexandre Navarro le secrétaire général de la Commission Nationale Française pour l’UNESCO , la MGEN , Jérémie Chomette et la Fondation liberté France , Stéphane Alexandre ainsi que Colombe Brossel de la Ligue de l’ Enseignement Paris

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Bataille aérienne au-dessus de la Méditerranée pour sauver les exilés ou les refouler vers l'enfer libyen

Cy Lecerf Maulpoix
, 19/01/2022 | Source : Basta !

Repérer, alerter, sauver : l'aide aux migrants en Méditerranée passe aussi par les airs où, avec quelques avions, une poignée d'ONG lutte contre le déploiement par l'Union européenne d'armes toujours plus sophistiquées.
Un soleil levant rougeoie à l'horizon depuis à peine une heure dans le petit aéroport de l'île de Lampedusa, située entre la Tunisie et la Sicile. Les trois membres de l'équipage du Seabird, l'avion de l'organisation allemande Sea-Watch piloté par l'ONG suisse Humanitarian Pilote Initiative (...)

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Glyphosate : appel à une action le 5 mars au siège de Bayer-Monsanto

Collectif
, 18/01/2022 | Source : Basta !

Le collectif des Soulèvements de la Terre se joint à un appel à action au siège de Bayer-Monsanto, la multinationale de la chimie qui produit le glyphosate, à Lyon en mars.
Le collectif des soulèvement de la terre relaie cet appel à action contre la multinationale chimique Bayer-Monsanto le 5 mars à Lyon.
« Les conséquences de l'activité de Montsanto, rachetée par Bayer, sont désastreuses : pollution des eaux et des sols, cancers, malformations congénitales ou destruction de la biodiversité, (...)

- Ça bouge ! /

Vote de la loi instaurant un passe vaccinal, rien sur la levée des brevets ni sur l'accès aux masques FFP2

Rédaction
, 18/01/2022 | Source : Basta !

Le Parlement a définitivement adopté le passe vaccinal. Il faudra un schéma vaccinal complet pour avoir accès aux transports inter-régionaux, aux cinémas ou aux restaurants… Les élus de gauche ont annoncé saisir le Conseil constitutionnel.
Et le passe sanitaire devient passe vaccinal. La nouvelle loi « renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire » a été définitivement adoptée au Parlement dimanche 16 janvier, avec les voix de La République en marche et des Républicains. Les groupes (...)

- Démocratie / , ,